09.12.2008
Escape the Sea v.0.0
Et voilà en exclusivité le tout nouveau et tout premier jeu d'escape de Gwen et moi-même. Réalisé avec Adventure Maker, Paint, Photoshop et Axialis.
Il s'agit d'un escape room traditionnel si ce n'est que vous ne serez pas enfermé dans une salle, mais sur une plateforme en haute mer. Le but du jeu est donc bien evidemment de s'échapper de là.
Il se joue exclusivement avec la souris, il suffit de cliquer sur les bons endroits pour trouver des objets qui vous aideront peut être. Vous pouvez également combiner des objets dans l'inventaire.
Bon courage.
Escape the sea est téléchargeable via ce lien : http://www.filzup.com/download.php?id=A726D69C1 ou en cliquant sur l'image.
Il faut attendre la fin des 50secondes de chargement puis cliquer sur download.
Indice important : bien que les enigmes soient d'une certaine logique, mieux vaut tout essayer plutôt que de ne rien faire. Cliquer partout dans tout les sens pourra aussi peut-être vous aider, ou au moins soulagera vos nerfs à vifs.
La solution se trouve dans les commentaires, mais vous n'avez aucune fierté?
21:25 Publié dans Bonus extras | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : escape, the, sea, escape room, point, click, jeu
01.08.2008
Zombie, quand tu nous tiens...
Pas grande nouveauté par ici, si de subconsciente représailles n'étaient pas à craindre, on pourrait même affirmer que ça stagne. Mais c'est parce que, par ailleurs, ça bouge : http://exquisitezombie.over-blog.com/
Venez découvrir le nouveau cadavre exquis de Kanter et Kikipow : La loutre de Babylone : Exquisite Zombie.
Garanti une fois de plus 100% Zombie (pour l'instant).
09:15 Publié dans Invités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
12.05.2008
Mille carillons de cristal
Il était une fois, dans le cimetière de Foix, un foie, un estomac et deux cervelles, celle qui jutait dedans la bouche et celle qui pensait dedans la tête. Cette dernière appartenait à Lilianore, tout comme la première d’ailleurs, bien que ce ne fut pas toujours le cas, et pensait que c’était bien dommage d’avoir comme ça un foie, un estomac et deux cervelles si on n’avait pas de cœur pour y battre un peu de vie. Sans vie, le corps de Lilianore s’était asséché, il était devenu terne, froid et rapeux comme une langue de chat, il n’était pas très joli, bien que ce ne fut pas toujours le cas.
Lilianore avait vu le vol des oiseaux, mais ce n’était pas pareil, elle avait saigné des vivants, mais ce n’était pas pareil, elle avait même aimé des morts, mais ce n’était pas pareil qu’avec un bon vieux gros cœur qui bat. C’est pourquoi au printemps elle se mit en quête d’un palpitant.
Elle traversa les villes et les campagnes pour trouver celui qui lui conviendrait, pas question d’un cœur vieux qui halète, d’un malade qui grelotte, encore moins d’un qui bringuebaloque. Il devait être parfait, voilà tout. Elle ravit le cœur, au sens propre, même si assez salement, à des dizaines de vivants : Un bucheron, deux nonnes et un moine, un enfant de quatre ans, un second de huit, un fermier, trois bœufs, une pucelle et tant d’autres…Mais tous avaient leurs petits défauts, brisés, fendus, ou de pierre. La jeune zombifiante vida la région de son sang, puis le pays, puis d’autres pays, jusqu’à ce qu’elle commence à douter de l’efficacité de ses méthodes. Elle s’enquit alors auprès d’un paysan qu’elle n’avait pas encore décervelé :
« Bvonjour à tvoi, fvier agvronome. Pvouriez-vvous m’indiquver séant où trouver un cvoeur qui ne svoit dvoté d’vaucune tvare en ce pvays ? »
Le gueux, que la consanguinité avait habitué à de pires apparences et élocutions répondit à la zombie sans s’alarmer :
« -Crénon ma bonne dame, si vous me passez l’expression, entendez-vous ces cloches au timbre si clair et si pur ? Elles battent à la mesure du cœur de Pauline, princesse en ces terres là et sainte en ces cieux ci. Nul cœur n’est plus pur, et nulle pureté plus cardiaque. Elle est notre protectrice et notre amante à tous. Puisse son règne encore durer mille ans ! »
C’est sur ces bons conseils que Lilianore arriva au pied du château de la Princesse Pauline. Sa plus haute tour avait été transformée en clocher et rythmait la vie de tous les gens du lieu.
A la vue du cadavre ambulant, les petits pages s’écartèrent pleins de respects et de prudence, la prenant sans doute pour une lépreuse venant réclamer quelques soins aux frais de la princesse. Lilianore sema donc ses germes sans encombres sur les tapis du fastueux palais jusqu’à la salle du trône. Les avis divergent sur ce qui se passa alors mais s’accordent néanmoins sur deux points : Une créature mi morte, mi vivante quitta le palais un cœur dans la main et du sang dans la bouche, et les cloches cessèrent à jamais de sonner, plongeant le pays dans le chaos le plus total.
Que c’était bon de sentir ce petit cœur de mésange dans ses doigts froides et rugueuses. Deux oreillettes et deux ventricules qui pompaient inutilement leurs dernières ressources, toussotant par leurs artères des caillots sanglants et une flopée d’autres choses moins identifiables. Lilianore n’était pas dupe, elle savait que l’organe mourrait bientôt à son tour, ça y est, c’était fait, et qu’il lui faudrait trouver un moyen de lui rendre sa vigueur, mais cette fois elle savait où chercher. Elle avait oui parlé, dans un de ces contes d’enfant, d’une prêtresse vaudou capable de rendre la vie, tout comme de la reprendre, elle aurait prit racine dans le marais de Tau, à plusieurs lieues d’ici. Peu importait, Lilianore avait tout son temps.
Elle marcha trois jours et trois nuits, car il est évident que le seul repos que pouvait réclamer sa condition était éternel, et au matin du quatrième jour, posa la plante nue de son pied nu dans l’eau bourbeuse du marais. Guidée par l’odeur d’encens et de fiente, elle n’eût aucun mal à trouver la cahute de la sorcière. Avant qu’elle n’ait même le temps de frapper, la porte s’ouvrit sur la plus grosse noire morte-vivante qu’il ait été donné à la Nature de rejeter.
« -Je t’attendais Lilianore. Tu dois être exténuée, entre donc, et n’hésite pas à te servir si tu as faim, je les ai capturé moi-même. »
Aux murs peuplés de crânes et de grigris étaient fixées de lourdes chaînes au bout desquels s’agitaient, pris au collier, une demi-douzaine de vivants priants leurs dieux et pleurant leurs mères. Lilianore ne se le fit pas répéter une seconde fois.
« -Alors petite, lança l’impressionnante zombie en suçotant un œil, quel relent t’amène ?
-J'ai besoin de vos talents...(prononça-t'elle le plus distinctive ment du monde car le langage zombi passe loin outre l'élocution)
-Je m'en doutais, figurez-vous que je ne reçois que rarement de simples visites de courtoisies.
-On dit que vous avez le pouvoir de rendre la vie. Poursuivit Lilianore sans se démonter
-Maudit soit-on! »
Quelque-chose dans sa voix fit comprendre à la jeune zombie qu'il s'agissait moins d'une menace lancée en l'air que d'une véritable imprécation. D'un geste un peu brutal, la sorcière fracassa le crane d'un de ses esclaves alimentaires sur une pierre sacrificielle servant aussi de plan de travail, et s'attela de ses ongles noirs, à extraire le fruit de la coquille.
« -J'ai pu, il est vrai, un soir de vague à l'âme, rendre la vie à un pauvre bougre mal achevé. C'était distrayant et j'en ai ris longtemps. Mais ça n'a pas plu à Sakpata qui me l'a bien fait comprendre par une vérole post-mortem à s'en gratter la moelle. Il ne faut pas briser l'équilibre, les vivants vont mourir et les morts sont vivants, point. La vie doit rester le premier symptôme de la purulence mort-vivante, tout retour en arrière est hautement prohibé.
-Mais comment appeler la mort-vie si ce n'est un retour en arrière?
-Une alternative. »
Lilianore contempla ce petit cœur qui ne battait plus mais qui se liquéfiait entre ses mains en coupe. Elle s'était tant investie dans ce projet, et si elle ne faisait rien tout de suite, ce pauvre organe ne serait bientôt plus bon qu'à servir de bouillie pour nourrisson. Elle ne voulait pas être vivante, elle voulait un cœur qui bat, y'avait-il là de quoi fouetter un chat, même malade?
Ne pouvait-elle pas jouir d'un cœur vivant dans son petit corps mort? C'est alors qu'une idée étonnamment brillante traversa son cerveau sous-alimenté.
« -Eh bien, j'ai une alternative à vous proposer : Que dirait Sakpata si je vous demandais de rendre ce cœur que voilà non pas vivant mais mort vivant, juste assez pour lui conférer un petit peu de rythme? »
La prêtresse parut songeuse, c'est à dire qu'elle cessa de mâchonner un moment.
« -C'est ridicule, il faudrait pour cela qu'il dispose d'un système nerveux centralisé pour que la greffe de vie puisse prendre et... »
...Et les quatre yeux convergèrent vers le bulbe rachidien que la sorcière était sur le point de porter à sa bouche.
Quelques minutes plus tard, sous l'effet d'incantations grandiloquentes et de fumées liquides, le bulbe tissait une dentelle de nerfs tout autour de l'organe rougeoyant qui se mit bientôt à palpiter, d'abord hésitant, puis à un rythme plus régulier, qui fit perdre à Lilianore le contrôle de ses secrétions.
« - C'est tout ce que je peux faire pour toi jeune fille. Maintenant pars, il est temps que j'aère un peu ce taudis. »
Et c'est le cœur battant, dans sa poche, il est vrai, que Lilianore s'en fut vers la troisième et dernière étape de son voyage : Le cimetière de Foix, et pour le coup, elle connaissait le chemin. Près de sa demeure terreuse vivait un apothicaire, qu'on disait aussi un peu medecin. Il était connu pour savoir tout des fluides qui communiquent d'un organe à un autre et de l'horlogerie du corps, qu'il soit tiède ou qu'il soit froid. Lui, sans doute, saurait trouver une petite place, pour y loger ce cœur parfait au son de cloche. Elle revint donc sur ses pas, retraversa le pays voisin qui n'était déjà plus qu'un vaste champ de ruine, retrouva son paysan une fourche dans la gorge, et enfin son cimetière plus immuable que jamais.
« -Quel relent t'amène? » lui lança joyeusement l'apothicaire en la voyant franchir le seuil de son tombeau
-Vous vous en doutez peut-être, mais j'ai besoin de vos talents. »
Et Lilianore lui raconta combien elle désirait un cœur qui bat, comment elle avait trouvé celui qui lui siérait et comment elle l'avait rendu zombi. Enfin elle lui exposa ce qu'elle attendait de ses habiles doigts de métal à présent qu'elle et l'organe s'étaient rendus compatibles.
« -Je ne vois rien dans ce projet qui ne puisse se faire, allonge toi sur l'autel que j'aère tes abats pendant qu'en ce bocal ton cœur se raffermisse.
Mais les chats sauvages autant que les dieux sont joueurs, et plutôt que de se servir en viande dans le charnier qui abonde, ils préfèrent rechercher là où est la difficulté, là où est la douleur, là où est le méfait. Ni une, ni deux, voilà l'animal qui pénètre, saute sur les étagère, sans frôler un flacon, et fait choir le bocal qui du cœur était empli. Le pauvre petit être va s'écraser au sol, tout souillé de terre, et tout blessé de verre. Il vibre encore encore quand le chat s'en empare, mais vit son dernier battement quand quatre canines le déchirent.
Lilianore crie, l'apothicaire s'excuse, le félin salue et bondit hors la scène.
Le conte se conclurait sur cette fin cruelle si notre apothicaire n'était pas moraliste, et s'il pouvait supporter la vue d'une zombie éplorée. Il plongea ses deux mains dans la plaie béante qu'il venait d'ouvrir dans le ventre de Lilianore, écarta les mâchoires de sa cage thoracique et extirpa son cœur, le vrai, celui qui ne battrait jamais plus. Il avait moins d'allure que celui de la princesse, sa couleur jaunâtre et les multiples aspérités dont il était criblé lui donnait davantage l'apparence d'une éponge. En le voyant ainsi exhumé, encore plus mort qu'elle ne se l'imaginait, Lilianore fit couler le long de ses joues de denses et douloureuses larmes de pus, mais l'apothicaire ne s'en formalisa point, et tout doucement, il porta ce triste déchet à l'oreille de la malheureuse. Elle n'entendit tout d'abord rien sinon le son rauque de ses sanglots, puis elle crut entendre un son, pas fort, non, feutré comme celui d'une dent tombant sur un coussin. Elle redoubla alors d'attention et pu percevoir dix, cent, mille battements cognant la paroi en une même seconde. Son regard graisseux se perdit un instant, puis vint croiser, interrogateur, celui de l'apothicaire : quelle était donc cette sorcellerie ?
Mais de sorcellerie il n'y avait point : en son cœur muet et décrépit frappaient ceux de la myriade de ses habitants. Larves, vers, fourmis, hannetons, tous vibraient en elle en une symphonie orchestrale, battant désordonnés, imposant des silences, cadençant au final la plus touchante des gymnopédies.
C'est à l'apothicaire qu'échurent les derniers mots :
« -Pourquoi vouloir d'un cœur qui sonne comme une cloche, quand on possède en son sein mille carillons de cristal. »
19:00 Publié dans Nouvelles | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : contes, zombies, coeur


